samedi 31 août 2013

asuncion iii



























presque sans me rendre compte, je me laisse glisser dans une routine tranquille, dont le rytme change de tempo maintenant que la date du départ aproche. je connais par coeur les "argél", "facha", "denso" et autres paraguayismes, je ne me perds plus dans le mercado 4, et chaque jour je passe devant un panneau qui proclame "décorez votre foyer avec des fleurs" dans l´entrée du cimetière. un chauffeur de taxi minforme que je ne peux pas donner mon sang si jai un tatouage, une femme handicappée mentale fait la manche dans le bus en donnant des terrifiants baisers, soudain il y a des gardes a cheval dans les rues le jour de la prise de pouvoir du nouveau president. personne ne paraît très enthousiaste par le changement de gouvernement, mais les citoyens font la queue tout un week-end pour entrer dans le palais présidentiel, réstauré il y a peu après avoir été fermé au public depuis plus de 200 ans. la foule qui avait envahie la costanera au bord de l´eau se disperse de nouveau le soir quand on va louer des vélos. l´hiver suit son cours normal, passant de 32 a 12 degrés en pleine journée, et tout le monde s´enrhume  chaque fois que le grand froid s´installe de nouveau quelques jours. un jour on se déguise en clowns et on va au service pédiatrie d´un hôpital à offrir des ballons, des bonbons et des sourires, une nuit on va tatouer et faire des piercings dans une discothèque. je fais des tatouages au henné pendant qu´un enfant de cinq ans essaye de persuader sa mère de le laisser se faire une étoile en plein milieu du front, j´apprends le krav maga et le win chun avec un professeur qui a autant de talent pour enseigner les techniques que pour mimer l´adversaire, battu et crachant ses dents sous la force de mes coups. sur une facade il y a écrit : "les murs parlent" : "calejeros innocents", "penser c´est
gratuit",  l´inévitable "avortement libre", " doña x, arrête de voler l´argent de la culture" (adressé a la ministre de la culture) , "lesbienne et heureuse", Frida Kahlo et un visage souriant sur le mur de la banque nationale. on sort tard a dîner et j´écoute la symphonie de gouttes en mangeant un hot dog, a l´heure oú la ville se taît sous la pluie. en promenant le pitbull j´observe des réactions de haine et d´amour fou, on passe filer un coup de main a la voisine sextagénaire canadienne, renversée par une voiture et plus angoissée pour son vélo que pour sa jembe cassée.
casi sin darme cuenta, me he deslizado en una tranquila rutina, cuyo ritmo va a otro tiempo ahora que se acerca la fecha de salida. manejo a la perfección los "argél", "facha", "denso" y otros paraguayismos, no me pierdo más en el mercado 4, y cada día paso frente a un cartél que dice "decora tu hogar con flores" en la entrada del cementerio. un taxista me informa que no puedo dar sangre si tengo un tatuaje, una mujer atrasada pide dinero en el colectivo dando atemorizantes besos, de repente hay guardias a caballo en la calle el día que llega el nuevo presidente. nadie parece muy entusiasmado por el cambio de gobierno, pero los ciudadanos hacen la cola todeo un fin de semana para entrar en el palacio presidencial, recién restaurado y abierto al público por primera vez en 200 años. la muchedumbre que había invadido la costanera se dispersa de nuevo en la tarde, cuando paseamos en bicicleta. el invierno sigue como siempre, con una temperatura que cae de 32 a 12 en pleno día, y todo el mundo resfriándose de nuevo cada vez que el gran frío vuelve a instalarse un par de días. de día nos disfrazamos de payasos y vamos a regalar globos, golosinas y sonrisas en el servicio pediátrico del hospital, una noche vamos a tatuar y poner piercings en una discoteca. hago tatuajes temporales mientras un nene de cinco años intenta convencer a su madre de dejarlo hacerse una estrella en la frente, aprendo krav maga y win chun con un profesor que tiene tanto talento para enseñar técnicas como para hacer mímicas de adversarios derrotados y escupiendo dientes bajo mis golpes. en un muro, hay escrito : "las paredes hablan". "calejeros inocentes", "pensar es gratis". el inevitable "aborto libre", "doña x, deja de robar la plata de la cultura" (al nombre de la ministra de la cultura), "lesbiana y feliz", Frida Kahlo y una cara sonriendo en el banco nacional. salimos tarde a comer de noche y escucho la sinfonía de gotas, comiendo un pancho en la esquina cuando la ciudad se calla bajo la lluvia. al pasear con el pitbull observo reacciones de odio o adoración, pasamos a echar una mano a la vecina canadiense de 60 años, recién atropellada por un auto y mas asustada por su bicicleta que por su pierna rota.

un soir de travail intense dans le local de David
una tarde de actividad intensa en el local de David


première victime a quatre pattes
primera víctima con cuatro patas

premiers clients à deux pattes
 primeros clientes con dos patas

les tatoueurs et le groupe de support moral dans la discothèque el coyote
tatuadores y grupo de apoyo moral en la discoteca el coyote

 
je peins notre chambre
pintando la habitación

en montant voir les gamins de l`hôpital IPS
subiendo a ver a los niños del IPS

lundi 29 juillet 2013

 rues eternellement desertes le dimanche
las calles siempre vacías de un domingo





asunción me retient aupres d´elle avec sa plage de cerfs-volants oú nous passons la majorité de nos dimanches. je minstalle dans le quotidien bruyant et vivant des vendeurs de chipa et leur cargaison sur la tete, les petites vieilles et les indigenes qui vendent leurs cocidos, produits de marque copiés et artisanats le long de la rue la plus huppée de la ville, le danger du centre la nuit (un ami qui s´est fait battre il y a un mois decroche son telephone :"tu t´es fait voler ton sac lá dans les cinq minutes oú je t´ai quittée? comment ca t´as arraché le couteau des mains de l´agresseur et tu l´as coursé???"). je peins un mur d´hostal le matin et observe les tatouages le soir, regardant fleurir les signes religieux, motifs tribals et prenoms des mamans sur la peau d´une large sélection de personnages dissemblables. il y a les histoires de tatouage couvrant celui couvrant celui fait par un pote avec une aiguille et un stylo bic a 15 ans, les fanatiques du club olympia et ceux qui se tatouent le nom dun etre aimé disparu. tous arrivent avec des énergies différentes sur le territoire du tatoueur, les groupes bruyants de nanas un peu inquietes venant se faire piercer en bande, les petits couples, les collegues et potes denfance en support moral, tous un poil nerveux au moment de soumettre son corps a la douleur, la blessure qui mettra plusieurs semaines/mois a guérir. pendant ce temps le maitre des lieux fait des blagues qui font rugir de rire les filles et realise des travaux avec une patience infinie jusqu´a ce qu´enfin sonne l´heure de la biere. en visitant les hostals du centre jecoute leurs histoires, le refuge comfortable entierement peint par les mains des voyageurs, celui ou la grand-mere de la propriétaire actuelle a planté limmense arbre se penchant a lentree, dont les murs recueillent quelques photos de la famille, ou cet autre ou on recueille des animaux des rues. je quitte une maison pres de lactivite foisonnante du mercado 4 le matin et jemmenage par magie dans un appartement qui ne contient absolument rien sinon la vue la plus magnifique de toute la ville. dans mon frigo il y a mon premier client, une peau de cochon avec encore pas moins de cinq tétons, dont l´odeur nargue lappétit du chien pendant que je lui applique mes motifs. je repars pecher ma tente a concepción et me rends compte qu´encore une fois j´avais promis partir trois jours, et j´ai disparu plus d´un mois.
asunción me retiene a su lado con su playa de volantines donde pasamos la mayor parte del domingo. me instalo en el cotidiano bullicioso y lleno de movimiento de los vendedores de chipa con su mercancía en la cabeza, las viejitas y los indígenas vendiendo cocido, falsos productos de marca y artesanía en la calle la mas cara de la capital, el peligro del centro de noche (un amigo golpeado hace un mes contesta a su teléfono " te robaron tu bolso en los últimos cinco minutos desde que me vaya? cómo que agarraste su cuchillo y lo perseguiste???). pinto un muro de hostal en la mañana y observo los tatuajes en la tarde. miro mientras signos religiosos, motivos tribales y los nombres de las mamas florecen sobre la piel de un largo sorteo de personajes disimilares. hay las historias del tatuaje tapando la tapa del que te hizó tu amigo con una aguja y un bolígrafo cuando tenías 15 años, los fanáticos del club olympia y los que se tatúan el nombre de un ser amado fallecido. todos llegan con energías diferentes en el territorio del tatuador, los grupos ruidosos de chicas un poco asustadas que se vienen a hacer piercing en pandilla, las parejitas, los colegas y amigos de infancia como apoyo moral, todos algo nerviosos a la hora de someter su cuerpo al dolor, a la herida que tardará semanas/meses en sanar. mientras tanto el dueño de casa hace bromas que hacen reírse muy fuerte las muchachas, y realiza trabajos con una paciencia infinita hasta que por fin suena la hora de la cerveza. visitando los hostales del centro escucho sus historias, el confortable refugio pintado solo por las manos de los viajadores, el otro donde la abuela de la dueña actual plantó el árbol inmenso inclinado sobre la entrada, y que todavía tiene fotos de familia en las paredes, y él donde se recoge animales de la calle. dejo una casa al lado de la actividad intensa del mercado cuatro en la mañana, y con un toque de magia me mudo en un departamento completamente vacío, excepto por las ventanas ofreciendo la mejor vista de toda la ciudad. en mi nevera hay mi primer cliente, una piel de lechón con todavía unos cinco pezones, cuya olor juega con el self-control del perro mientras le aplico mis motivos. vuelvo a buscar mi carpa en concepción, y me doy cuenta que otra vez prometí irme tres días, y desaparecí mas de un mes.


une nouvelle vue au 14e etage
una nueva vista en el piso 14

premiere nuit chez nous avec les colocataires
primera noche en nuestra casa con los compañeros de piso