mardi 17 novembre 2015

outubro - novembro botafogo

j'ai une nouvelle maison! j'emménage près de voisins à l'air sérieux...


... enfin, pas tous! les petits ont un mois et descendent tout juste du dos des adultes... encore partagés entre une impatience à marcher tous seuls et crier de peur dès que les grands s'éloignent...


chez moi il y a des sphinxs...

... pas toujours dignes... 

une humaine, toujours calme... 

... et un arbre qui veille calmement sur mes nuits.


j'apprends à claudia comment faire des pizzas


elle m'apprend quelques trucs essentiels sur le plastique et la chaleur
saison des goyaves

je vois quelques résultats de travaux anciens, un recueil de poemes...

... et un livre pour enfants
prête pour ma première convention de tatouage!


une fille regarde dans mes dessins, s'arrête, s'exclame : "il me le faut!"


je travaille dans un studio en face du cimetière

équipe de la guerra tattoo

andrea

magda



anne caroline

leonardo

en attendant j'apprends aussi à danser le lindy hop. c'est une danse qui va sur le swing des années 20, j'avais découvert ce groupe par hasard, faisant des folles chorégraphies de groupe dans une soirée de bar. leurs rires m'avaient fascinée. ici la sensualité flirte de près avec l'humour, les danseurs rient, font des figures clownesques sur des chansons de ella, billie, louis, tout pour plaire...
on fait des fêtes...




halloween par exemple...

(d'ailleurs c'est bientôt noël, une fête toujours étrange pour moi dans les pays chauds)


j'ébauche quelques scènes nocturnes de terrasses de bars 



 rita et leonardo
fia

groupe de sérénades, disponible à la location pour jouer des chansons romantiques sous les fenêtres de nos amours



en face du bar il y a deux fenêtres bleues qui clignotaient en synchronisation, de deux voisins regardant la même chose à la télé

et bien sûr, il ne reste plus que quatre mois avant le carnaval, donc on est en pleines répétitions. je croise plusieurs personnes qui me disent qu'ils ont essayé de vivre dans d'autres villes, mais que personne ne prend le carnaval autant à coeur qu'à rio. donc ils restent ici.

(nous sommes sur une des rues principales du centre, à bloquer la circulation un mardi à six heures en fin d'heure de pointe. normal.)

le groupe coréen su:mi livre une performance incroyable avec des instruments traditionels dans le parque lage, transformé en forêt enchantée par la pluie

aussi, ça fait deux mois qu'on profite des grands déluges tropicaux... le ciel pleure, pleure, pleure...


...on se réfugie dans la maison des copains...

...  ou on reste chez soi avec la flemme.

visite à l'île de paquetá, oú on ne circule qu'à vélo






on croise dans la rue un chat miroir de celui qu'on a à la maison









tatouage chez angela et sa maman 

angela

et bien sûr, un vendredi à neuf heures, alors que toutes les fenêtres chantent un samba et que je suis sur le point d'aller à une de ces nombreuses fêtes de début d'été, je reçois le message qui me dit "vérifie que ta famille et tes amis vont bien." internet me montre de photos de cadavres à une rue de là oú vit ma soeur, là oú j'ai vécu deux ans, là oú je serais sortie cette nuit-là si je vivais encore à paris. un message d'une amie cachée sous une table avec tout un bar, évacuée par la porte de la cuisine et terrée dans l'appartement d'un inconnu, avec tout l'immeuble devant la télévision, qui attend. un autre était devant le bataclan quand les explosions ont commencé. c'est impossiblement près cette fois. aucune de mes connaissances ne compte parmi les victimes mais toutes mes connaissances ont peur, elles sont amies du garçon qui a perdu son amie d'enfance, la fille qui a vu son amour mourir dans ses bras.  

"terreur à paris", "la terreur contre l'occident", "pourquoi paris?", "la civilisation contre la terreur"

comme en janvier, je ressens la distance qui complique la récupération. ici la nuit a continué avec ses fêtes faisant invasion par mes fenêtres, personne ne savait encore, ce n'est que le lendemain que les portables ont alerté le brésil. les semaines qui suivent, je vois bouche bée des gens que je ne connais pas faire du small talk en brodant sur ce thème, comme ils brodaient avant sur la belle-mère qui avait visité la tour eiffel. terrible n'est-ce pas. certainement. enfin bon ici c'est pire, à nous nos politiciens nous baisent tous les jours. dis donc il fait chaud aujourd'hui hein? l'indifférence dans la bonne humeur et le soleil empoisonne mes relations avec ces bienheureux qui dansent.







je sais que je peux pas mais je peux rentrer?










carol
binho 

carol


"joana cette histoire doit rester entre nous, c'est notre secret ok? si le secret est révélé, le Christ du corcovado va être tellement triste qu'il va baisser les bras"
extrait d'une jolie bd dont je ne me souviens pas le nom

quel meilleur remède à la solitude qu'un voyage? je fais mon sac...

lundi 12 octobre 2015

setembro - new york, paris, london, keighley


retourner à sa terre-mère n'est pas une chose facile. il faut affronter des aéroports...
voltar para a sua terra mãe não é coisa fácil. tem que enfrentar aeroportos...


passer par des terres inconnues, oú les arbres dancent le swing avec les ponts...
... passar por terras desconhecidas, onde árvores dançam o swing com pontes...

meta est une jolie dame qui jouait à central park : elle vit dans un bateau et aimerait aller aux caraïbes, mais comme sur le bateau il y a son potager, les restrictions d'entrées de graines étrangères lui ferment les portes.. elle joue de la musique celtique et me raconte que si un jour elle se faisait un tatouage, ce serait un dragon celte. elle m'offre un cd de sa musique.
meta é uma senhora linda que tocava em central park : ela mora num barco e gostaria de ir pelo caribe, mas como no barco tem sua horta, as restrições de entradas de sementes do exterior impedem a viagem... toca música céltica e me fala que se um dia se fazia uma tatuagem, seria de um dragão céltico. ela me ofereceu um disco de sua música.

... attendre que passe la pluie...... esperar a chuva passar... 




... observer les ossements de dinausores mythiques...
contemplar ossos de dinossauros míticos...

(de taille variable)...
(de tamanhos variavéis)...

et arriver enfin, pour célébrer des anniversaires...
e por fín, chegar a tempo para celebrar aniversários...

encore des anniversaires...
mais aniversários...

l'arrivée de nouvelles petites soeurs...a chegada de novas irmãzinhas...

et les derniers jours de l'été.
e os últimos dias do verão.

giverny, les jardins de monet
giverny, os jardins de monet


le parc de versailles
o parque de versailles

tango à la défense, le quartier des affaires, à l'heure du déjeuner
tango em la défense, o bairro de business, na hora do almoço





après plus d'un an dans un tiroir, j'envoie mon livre "étoiles filantes" aux éditeurs. on ne sait jamais...
depois de mais de um ano na gaveta, mando meu livro "estrelas cadentes" para os editores. nunca se sabe.

je salue le soleil de fin d'été, dont j'ai beaucoup entendu parler pendant qu'il carbonisait mes compatriotes, pendant quelques mois de grand enthousiasme. la nuit ne reprend sa place sur scène qu'après neuf heure et demi, un des tours de magie les plus fous qu'on puisse vivre ici. cette période est idéale pour orquestrer un retour, pour plonger dans des paysages familiers de fleuve, bâtiments et forêts profondes, pour boire du vin et mesurer la force des tempêtes et récoltes de l'année. les amis ont encore le visage brûlé et amènent des nouvelles de coeurs brisés, de révolutions spirituelles, d'acrobates maudits et d'ogresses mangeuses d'homme. on prend des cafés sous les chaufferettes des terrasses de bar de nuit, on échange des trucs, des trocs, des plumes indigènes et des conseils sur le travail et le monde virtuel, c'est quoi ces roues à moteur que j'avais jamais vues avant, il y a des papas qui prennent des antidépresseurs, des frêres qui meurent de cancer et des confessions du désir qui tue le respect. on essaie de lutter contre la maladie du corps avec l'amour de l'âme (et le ronronnement contre le ventre). ma mère devient citoyenne française pour voter contre les nazis extrêmistes, en hausse toujours plus forte. une éclipse de méga-lune sanglante me réveille au beau milieu de la nuit.
saludo o sol de fin de verão, de quém tinha ouvido muito falar enquanto fritava os meus compatriotas, durante uns meses de grande entusiasmo. a noite só entra no palco a umas nove e meia da noite, uma das coisas mais mágicas que se pode viver aquí. essa época é ideal para orquestrar as voltas, para mergulhar em paisagens familiares de rio, edificios e matos profundos, para tomar vinho e avaliar o tamanho das tormentas e cosechas do ano. os amigos ainda tem a cara queimada e trazem noticias de corações quebrados, revoluções espirituais, acrobatas malditos e ogras comendo homens. tomamos café baixo as calefações dos terraços de bar de noite, trocamos trucos, dicas e contos sobre o trabalho e o mundo virtual, qué são essas rodas motorizadas que descubro só agora, tem pais comendo antidepressívos, irmãos morrendo de cáncer e confessões do desejo matando o respeito. tentamos combatir a doença do corpo com o amor da alma (e o ronrom contra a barriga), ofereço penas indígenas e recebo histórias de posseção. minha mãe se torna cidadã francesa para poder votar contra os extremistas nazistas, subindo sempre mais. uma eclipse de mega-lua sangrenta me acorda no meio da noite.

on prend un thé dans la maison du laitier
tomamos chà na casa do leiteiro


on fait un petit tour au musée v&a...
damos uma voltinha no museo v&a...

...sa superbe expo de chaussures oú il est interdit de prendre des photos...
...sua linda exposição de sapatos onde ta proíbido tirar fotos...

... sa libraire : "une épouse bien habillée"
... e sua livraria : "uma esposa bem vestida"



"tu conoces la broma del pato celoso del cachorro?"
quelques fantômes du passé passent soudainement leur tête par une fenêtre entrebâillée : on voit pour la première fois le pub oú on grandit ma mère et son frêre
uns fantasmas do passado passam de repente a cabeça por uma janela entrabierta : vemos pela primeira vez o bar onde creceram minha mãe e seu irmão 




une vraie aventure se doit d'inclure un passage aux urgences avec une pirate
uma aventura de verdade deve obviamente incluir uma passagem nas urgências com uma pirata



garry
retour à rio
volta ao rio